Vous aimez le cinéma d’animation, mais aimeriez voir des productions plus sombres et adultes que les habituels Pixar ou Dreamworks ? Et bien
Shane Acker, ce nom ne vous dit rien, et c’est normal. Car en plus d’être très réussi, ce film a sa propre histoire, qui le rend encore plus attachant. En effet l’histoire de Numéro 9 nait dans l’esprit de ce jeune étudiant des années 90, qui à force de travail livre finalement un court métrage (intitulé 9) de 11 mn qui remportera la médaille d’or des Oscar étudiant en 2006. Et là c’est le miracle, Tim Burton en personne adhère à cet univers et décide de l’aider à produire un vrai long métrage sur ce personnage et avec lui arrivent le compositeur Danny Elfman ainsi que la scénariste Pamela Pettler ( Les Noces funèbres ). Et enfin, c’est Timur Bekmambetov ( Night Watch, Wanted ) qui rejoint l’équipe de production, la machine est lancée.
Nous commençons l’histoire à travers les yeux de numéro 9, sorte de poupée de rouages et de tissu (style Punk-récup selon Shane Acker lui-même) qui s’éveille dans une pièce sombre et délabrée où git le cadavre d’un vieil homme en blouse blanche. Alors qu’il commence l’exploration de ce monde inconnu apparait l’horreur d’un monde ravagé par la guerre, proche des visions des villes européennes bombardées dans les années 40 (bâtiments écroulés, corps inanimés, voitures et landaus calcinés.). Mais au milieu des décombres, 9 aperçoit d’autres êtres comme lui et se précipite à leur rencontre. Malheureusement, ces petites poupées ne sont pas les seuls survivants de ce qui fut le monde des hommes, le danger est encore bien présent.
Sans être révolutionnaire, l’histoire est accrochante et bien ficelée, et les quelques personnages que nous y rencontrons se montrent vite attachants ; du courage de 7, à la couardise de 1 en passant par l’inventivité de 2, ils synthétisent bien les différentes facettes de l’humanité. La découverte de ce monde par 9 nous renvoie à nos erreurs en tant qu’humain, qu’il s’agisse de la soif de pouvoir, de notre capacité à nous autodétruire ou de notre confiance irrationnelle en la technologie.
Mais le vrai plus de ce film reste son ambiance post-apocalyptique magnifiquement mise en valeur, riche en détails et horriblement réaliste. Voir évoluer ces petites créatures dans ce monde en ruine et découvrir leur capacité d’adaptation est un émerveillement. Surtout quand on découvre toutes leurs inventions faites de bric et de broc, qui nous rappelle avec nostalgie l’ambiance des Minipouces, leur permettant d’évoluer dans un monde qui n’est pas du tout à leur échelle.
Si on rajoute à cela un casting de voix sans faille ( Elijah wood, Jennifer Connely, Christopher Plummer, etc.), des musiques très bien adaptées, on ne peut qu’être conquis. Seuls bémols à l’horizon ; le film est plus largement distribué en VF (donc doublure officielle des vraies voix) et ne dure qu’1h20. L’histoire n’est pas tronquée pour autant, mais certains personnages et leur relation passent un peu à la trappe, dommage.
Numéro 9 est donc une très agréable surprise comme on aimerait en voir plus souvent, visible par un large public, mais déconseillée aux plus jeunes, sous peine d’être réveillé par leurs cauchemars pendant quelques nuits.
En savoir +
Site officiel : http://www.filminfocus.com/focusfeatures/film/9/splash/
A propos de l'auteur
PaD : PaD (diminutif de padbol) est né en 1981 et tente de survivre à sa maladresse à Limoges. Fan de cinéma depuis sa tendre
enfance, il arrive actuellement à en vivre en tant que technicien dans sa belle région limousine. Naturellement fourré dans
les salles de cinéma dès que l'occasion se présente, il tentera de délivrer ses impressions sur les sorties marquantes, essentiellement
en cinéma de genre. Grand amateur de l'ambiance furieuse des concerts punk-métal, de bandes dessinées et de manga, il essayera de vous faire partager ses coups de cœur dans les domaines.















KoD a écrit :
Que Burton adhère ne me semble pas franchement extraordinaire : il y a une certaine ressemblance, selon moi, entre Numéro 9 et Monsieur Jack (« l’étrange Noël de… »). De là à penser que, justement, Acker a été influencé par Burton, il n’y a qu’un (tout) petit pas.