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Musique // Interview

French Pop Mission

par Pascal | mise en ligne le Vendredi 22 janvier 2010

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Interview de la grande prêtresse des soirées FPM.

Défricheuse de jeunes talents et munie d’une énergie hors-norme entièrement dédiée à la cause de « ses » groupes, Bénédicte Perrin est depuis près de deux ans, l’organisatrice infatigable des French Pop Mission.

Ces soirées de découvertes vont au-delà du simple tremplin musical, en réussissant le pari de créer du lien entre le public, les groupes et les organisateurs. Un concept à des années lumières des miroirs aux alouettes parisiens que sont la plupart de ces concours sensés aider les jeunes formations, mais qui ne sont qu’un prétexte pour se faire un peu d’argent sur leurs rêves de grande scène.

Après avoir été partenaires de quelques-unes de ces soirées, et en attendant les prochaines avec impatience, nous en avons profité pour poser quelques questions à cette grande grande passionnée qui nous parle de « ses » soirées avec la ferveur et la fierté d’un artisan.

Question inévitable pour commencer, quel est en quelques mots le concept des soirées French Pop Mission ?

Découvrir des jeunes groupes français de talent qui chantent en anglais et leur donner la possibilité de se faire connaître sur Paris par l’organisation de concert.

Il y a-t-il une structure spécifique derrière tout cela ou est-ce toi toute seule qui organise les soirées ?

FRENCH POP MISSION est une association que j’ai créée il y a un an et demi. Je m’occupe seule de l’organisation des soirées, de la communication via le Net, le choix des salles et des programmations. J’ai pu, notamment, avec le temps construire un réseau autour des FPM : des webzines, des programmateurs de salle, des managers, des bookers, SFR MUSIC ont été séduits par le concept.

Les soirées FPM existent depuis quand ? Tu faisais quoi avant ?

Officiellement depuis sa création en juillet 2008, mais le mouvement a vu le jour en octobre 2007. Je n’étais a priori pas destinée à ce type d’activité. J’ai fait l’école des Beaux Arts d’Aix-en-Provence : je suis devenue illustratrice puis je me suis spécialisée dans le story-board pour des publicités, courts et longs métrages.

Pour la petite histoire, j’ai même été styliste en freelance plusieurs années. Mon parcours professionnel me ressemble : j’ai évolué spontanément, à l’instinct, en suivant mes envies et mes inspirations. C’est une chance, mais aussi une force.

Les FPM prennent leur source dans une amitié sincère et profonde avec les Masternova que j’ai contactés un jour sur MySpace. De fil en aiguille, le projet s’est construit sans le vouloir… c’est ce qui fait son authenticité et sa force : il est singulier par ce qu’il est profondément humain.

Qu’est-ce qui différencie une soirée FPM d’une soirée lambda ?

Mes soirées me ressemblent.
Je ne les organise pas dans un but lucratif, mais vraiment avec la volonté de faire découvrir de jeunes talents en lesquels je crois. Je suis également très attachée à l’organisation de la soirée : chaque groupe a toutes les informations utiles bien à l’avance afin de préparer leur concert correctement et sans stress inutile. Je suis intransigeante sur le respect des horaires et notamment sur les balances, et je m’assure toujours au préalable que le backline soit complet. J’ai besoin de m’assurer que l’aspect technique soit correctement géré afin de pouvoir me concentrer sur le déroulement pur de la soirée.

Si l’organisation est parfaite, alors la soirée sera propice à un véritable moment de musique, de spontanéité, de bonne humeur où les groupes et leurs fans pourront « communier » ensemble. Dans cet esprit, nos groupes donnent le meilleur d’eux-mêmes parce qu’ils se sentent bien et respectés. Des amitiés, des rencontres professionnelles et des échanges de dates entre les groupes naissent…
C’est ça les FPM.

L’organisation des FPM te prend-elle tout ton temps ou as-tu d’autres projets en parallèle ?

FRENCH POP MISSION demande une disponibilité totale. Entre la préparation de concerts, la recherche de nouveaux groupes, les écoutes et les réponses à donner aux sollicitations, la communication sur le net, la réalisation de flyers… sans parler de la partie administrative ! Je n’ai même plus le temps de à consacrer à ma deuxième passion : le cinéma. Les projets que j’ai sont uniquement liés au développement des FPM. Je suis notamment en train de travailler avec des salles de Province. L’objectif est de faire jouer des groupes Parisiens sur d’autres scènes rock : nous avons fait des concerts à Nancy et à Lille : nous voulons aller à Lyon, Rennes…. L’énergie du public en Province est incroyable !
Je veux que FRENCH POP MISSION devienne un mouvement national, une alternative au système, un véritable « Live Spirit » !

Comment s’organise une affiche ? Comment se fait la sélection des groupes ?

Je crée mes visuels au regard des évènements, des lieux et des partenariats. Mais certains membres de groupe réalisent aussi des affiches pour les soirées FPM. D’ailleurs, David chanteur des GOS, est le créateur du logo FPM… une réussite ! Cela montre l’implication des groupes et renforce les liens entre nous tous. En ce qui concerne mes sélections, je fais énormément de recherches sur MySpace pour une première écoute, puis je demande aux groupes de me faire parvenir leurs démos. C’est avec tous ces éléments que je fais mon choix, sachant que pour moi, le coup de cœur est essentiel.

Sur votre MySpace on voit une distinction entre groupes FPM et groupes invités… À partir de quand un groupe accède-t-il au statut de groupe FPM ?

Ce n’est pas une cotisation qui fait devenir membre, mais c’est le résultat des moments de musique, de contact qui se crée lors des évènements, mais également des amitiés qui se créent. Tu deviens membre si tu as l’esprit… Un groupe devient FPM naturellement, il n’y a pas de votes ou de battles ! Non, cela naît avec le temps, de moments d’échanges communs passés en soirées ou en dehors.
Je dis toujours que FRENCH POP MISSION est une rivière sur laquelle, ceux qui le souhaitent, peuvent se laisser porter. Notre destination n’est pas écrite et je n’ai pas la prétention d’apporter la gloire aux groupes. Mais j’ai la conviction que notre force réside dans notre solidarité… ils sont tellement méritants et leur parcours est un véritable chemin de croix. Il faut qu’on les entende.

Penses-tu qu’il y a une identification des différents groupes au concept des FPM ? Qu’ils ont l’impression de faire partie d’un collectif ? De partager un certain état d’esprit ?

Bien sûr et je crois que c’est important pour eux. C’est aussi une reconnaissance de leur existence en tant que groupe. Beaucoup de groupes se sont rencontrés au cours des concerts. Des amitiés sont nées, des échanges de dates, des contacts professionnels. Certains on même prit la décision de quitter la province pour venir sur Paris et tenter l’aventure. C’est une véritable force de faire parti de la famille FPM et ils s’investissent tous dans ce collectif parce qu’au final FRENCH POP MISSION leur appartient : FPM c’est eux, moi, nous.

Au fur et à mesure que le projet prend de l’ampleur, et que le nombre de groupes avec lesquels vous travaillez augmente, n’est-il pas de plus en plus dur de ménager les susceptibilités de chacun ?

Comme dans toute famille, il y a des rivalités à moi de constituer des plateaux intelligemment en tenant compte aussi des affinités des uns et des autres : cela est aussi le gage d’une soirée réussie. Mon professionnalisme fait que je suis respectée par l’ensemble des groupes ce qui me permet de gérer d’éventuels conflits… je suis leur « maman » comme certains m’appellent !
Mais nous nous respectons tous. Et nous avons tous quelque chose qui nous réunit au final : le plaisir de jouer du bon son et de partager avec le public.

À quoi ressemble la structure de l’association ? Comment se fait la prise de décision ? Quelle est ta faction au sein de l’association ?

Dans les statuts je suis la présidente de l’Association et Stéphane (NDLR, son mari) est le trésorier. Dans le fonctionnement : je recherche de nouveaux talents, je les contacte, je m’occupe des programmations, je recherche des partenariats et j’organise le déroulement des concerts en passant par l’organisation entre les groupes et les salles, notamment au niveau du backline et du fonctionnement entre les deux parties. Par ailleurs, j’effectue un gros travail de communication sur le terrain dans le but de consolider et d’augmenter mon réseau.

Stéphane suit la comptabilité, il s’occupe de la partie administrative (dossier de demande de subventions, démarches diverses). Il s’occupe également de la communication des concerts FPM (réalisation des évènements sur Facebook), de la recherche de nouveaux partenaires (salles, chroniqueurs, photographes, magazines…). De par son rôle de manager, il profite de ses recherches pour ses groupes pour effectuer une communication permanente sur les FRENCH POP MISSION. Notre communication est constante et nous nous sollicitons mutuellement. Toutefois, même si nous nous concertons, je suis, au final, seule décisionnaire de tout ce qui touche aux FPM.

Les groupes FPM sont-ils membres de l’association ?

Bonne question, mais non !
Nous voulons que nos « adhérents » se réclament naturellement des FPM. Ce n’est pas une carte qui détermine une l’affiliation à notre Association, mais l’esprit. Curieusement, les personnes se réclament spontanément des FPM, ils adhèrent à un mouvement, à une nouvelle façon de vivre leur musique et de la partager entre eux, avec nous et avec tous ceux qui viennent les voir. D’ailleurs, certains de ceux qui viennent voir régulièrement nos concerts revendiquent aussi cette appartenance.

Avec tous tes projets de développement pour 2010, le cadre associatif ne va-t-il pas devenir trop étroit ?

Encore une bonne question !
Nous y pensons et en parlons. Mais ce n’est pas à l’ordre du jour. Nous restons très prudents et nous voulons vraiment prendre racine avant de penser à faire d’autres boutures…
Je ne voudrais surtout pas perdre cet esprit qui nous anime. Nous vivons actuellement notre passion intensément et j’aurais trop peur de la perdre si elle devait me nourrir…

Avec tout le soin que tu apportes à l’organisation et au déroulement des soirées, arrives-tu à en profiter tout de même un peu ?

Mon sens de l’organisation, ma réactivité et mon anticipation fait que lorsque la salle de concert ouvre ses portes, je suis entièrement disponible pour mes invités, les professionnels ou toute autre personne qui souhaite me parler. Rien n’est laissé au hasard, tout est géré en amont : ce qui me permet d’être présente aux soirées de manière détendue et très participative !

Les soirées FPM s’exportent également à Lille. D’autres villes de Province sont-elles au programme ?

Je travaille pour l’instant avec le Biplan, mais comme je l’ai dit précédemment, je compte « m’exporter » dans d’autres villes. Cependant, cela implique une plus grande organisation, car les soirées parisiennes deviennent importantes. C’est cependant un projet essentiel à mes yeux et je compte avancer progressivement et sans me presser. Je veux que ces soirées soient parfaites.

As-tu eu des difficultés à convaincre les salles qui vous accueillent de la solidité de votre projet ?

Mon mouvement commence à être reconnu par la profession ce qui me permet d’être bien accueillie. La seule difficulté réside dans la gestion des agendas des salles.

Au delà de l’aspect organisation de concert t’impliques tu également dans le management ou la direction artistique de certains des groupes FPM ?

Mon rôle s’apparente plus à celui de Tourneur… et de mère ! Je n’ai pas le temps nécessaire, ni la volonté d’ailleurs, de manager un groupe. Je considère que ce n’est pas mon rôle.

Les FPM en 2010 ce sera quoi ?

Relais, médias, faire parler des FPM pour donner plus de force au mouvement afin de donner plus de visibilité aux groupes. Il faut que l’on parle de nous pour nous permettre de parler d’eux !

Que penses-tu de la pétition http://www.quandlanuitmeurtensilence.com/ ? La nuit parisienne est-elle vraiment en train de disparaitre ?

Je l’ai signée ! un concert ne sera jamais un thé dansant et nous avons besoin de la nuit pour nous exprimer. J’ai discuté très récemment avec un producteur anglais qui était sidéré par la tristesse de Paris la nuit. Je trouve ça vraiment catastrophique. Ils veulent nous museler. Mais le son est insaisissable et si Paris veut dormir, d’autres villes sauront tirer la couverture vers eux, c’est aussi pour cela que je veux aller en Province. Ils veulent faire de Paris une exception sans culture musicale… après les étudiants et les ingénieurs qui quittent la France, nos musiciens se tourneront vers Londres… Moi je refuse.

Ta démarche avec les FPM c’est en quelque sorte l’anti-Emergenza et l’anti-Fallenfest. Es-tu d’accord avec cette affirmation ?

Je ne me nourrirai jamais avec les deniers de nos groupes, mais je pense que si ces structures existent et qu’elles fonctionnent c’est qu’elles peuvent apporter quelque chose. Je veux leur donner une possibilité de s’exprimer dans les meilleures conditions qui soient. Je n’ai pas la prétention de leur offrir une grande salle de concert en fin d’année, mais je veux que mes soirées deviennent suffisamment reconnues pour la qualité des groupes qui s’y produisent afin que des Professionnels de la musique sachent qu’ils peuvent y découvrir de nouveaux talents.

FRENCH POP MISSION c’est une alternative humaine, une visibilité pour nos jeunes talents.

Pascal
Grand fan de rock à tendance saturée (Nirvana, RATM, NIN, Sepultura, Machine Head, Lofofora, Manson, Metallica, Maiden ainsi que des centaines d'autres), l'une de mes occupations favorites reste d'aller vibrer dans une salle de concert surchauffée. Ayant eu marre de radoter tout seul dans mon coin sur le concert de la veille, j'ai tenté l'aventure Discordance en créant le site il y a cinq ans de cela.

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