Mia vit avec sa mère et sa soeur dans une maison de l’Essex (à l’est de Londres). On n’a aucune données sur son père, ses amies la délaissent pour être plus à la mode, plus attirantes. Mia va de drames en déceptions.
Jusqu’à ce que surgisse Connor, le petit ami de sa mère, gentil et tendre – on lui donnerait le bon dieu sans confession, et la Vierge et le petit Jésus en prime. Alors surgissent dans le même temps quelques instants de grâce, une pêche miraculeuse et une certaine tendresse. Mais pour combien de temps ?
Mia est une ado : la violence collée au corps, la réplique facile qui cache un manque de confiance en soi. Mia se fiche de tout : des lois, de l’éducation, de la famille, de la féminité, de la bienséance.
Mia ne sourit pas beaucoup. Et quand elle le fait, c’est autour des hommes. Celui dont on ne sait pas trop si c’est son petit ami ou son beau-père, avec qui elle entretient une relation pour le moins trouble – qui va jusqu’au(x) drame(s) difficiles à effacer. Un de plus ou de moins.
Mia est obsessive & obsédée. Quitte à se mettre dans l’illégalité. Avide de liberté, elle s’acharne à délivrer une pauvre jument enchaînée près de caravanes au bord de l’autoroute. La métaphore est facile – un peu trop.
Mais en y regardant bien, de la liberté, Mia, elle n’a que ça. Renvoyée de son lycée, ignorée par sa mère, elle passe ses journées dans le désoeuvrement le plus total, errant dans la ville, la plupart du temps sans but.
Excepté lorsqu’elle danse. Mia danse le hip-hop, pas une danse de greluches R’n'B. Et là, seulement, elle ose être elle-même.
Et quelle personne. Mia n’est pas qu’une simple héroïne. On ne suit que son point de vue, on ne suit qu’elle, dans sa drôle de vie. Mia est omniprésente dans le cadre. Pire, elle y est souvent seule. Ou quand quelqu’un s’y pointe, c’est soit pour l’insulter, la houspiller, soit pour la tabasser, soit pour la porter parce qu’elle est bourrée.
Le cadrage, parlons-en. Ce format particulier, presque carré, donne l’impression de se balader continuellement dans un polaroid 600. Les tons, la luminosité, donnent au film cet aspect de banlieue usée jusqu’à la moelle, désenchantée, sans grand espoir à part celui de voir le temps passer comme il peut, regarder le monde tourner sans elle, une bière à la main.
Mia est perdue entre sa liaison amour/haine avec sa soeur, sa mère, si souvent traitée de traînée, et cette petite fille en robe de princesse.
Mia est au milieu, dans le neutre, à la recherche de. on ne sait quoi.
Jusqu’à la décision finale, jusqu’au plan final. La libération vers quelque chose de bien, peut-être.
En savoir +
Fish Tank, d’ Andrea Arnold
Dans les salles depuis le 16 Septembre 2009
Avec Katie Jarvis, Kierston Wareing, Michael Fassbender …
2h02min
Drame britannique, 2009
http://www.imdb.com/title/tt1232776/‘>AlloCiné->http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=144659.html] | [Imdb
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18915544&cfilm=144659.html'>Bande-Annonce->http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18889811&cfilm=144659.html] [2->
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